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La complainte du magasinier
Magasinier Muséum Le gars qui déambule et qu'on assomme Je vis au coeur d'un jardin Où j’y vois rien Des bouquins vains des chariots gris Ah! On se plaint Ah! On s'ennuie Sous tous les murs verts foncés Y a rien qui brille on se sent déprimer Parfois on rêve on déraille Entre les mailles Dans le clair au bout du couloir Cette fille qui dit nous vouloir J'fais des fiches, des p'tites fiches, encore des p'tites fiches Des p'tites fiches, des p'tites fiches, toujours des p'tites fiches Des fiches pour l’deuxième Des fiches pour l'troisième Magasinier Muséum Bibliothèque centrale ou le péplum Elles cherchent les galons On est les pions On n'a que deux jambes, deux mains Il en faudrait combien demain Sous le bunker en silence Je n'entends venir que des impatiences Parfois je monte au septième Fuir le système A travers les petits vitraux Tout auprès des petits oiseaux J'fais des fiches des p'tites fiches encore des p'tites fiches Des p'tites fiches, des p'tites fiches, toujours des p'tites fiches Des fiches pour l'cinquième Des fiches pour l'septième Magasinier d’un mouroir On enferme un homme dans un grimoire Pauvre panier de crabes On nous accable D'ordres idiots à rendre con On se répond par postillons Parmi les feuilles nature On s’y glisse en baragouin sans armure Puis on redescend - sous terre Au cimetière... S'évanouir entre les pages On serait nu sur une plage J'fais des fiches, des p'tites fiches, encore des p'tites fiches Des p'tites fiches, des p'tites fiches, toujours des p'tites fiches J'aim'rais qu'on m'fiche la paix ! Qu'on m'laiss' dans un coin prêt A pousser, tout en friche, autour des p'tites fiches E j'n'entendrai plus parler d'fiche Des petites fiches Des petites triches Des petites friches...
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# News du site des Zoreilles dehorS
La rubrique Bouts de zik est à peu près finie (manque quelques graph et photos) Trois morceaux entier sont en écoute, dont un, Ma guerrière, que je n'avais mis ici...
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Jacomino. Rêve à mer
Jacomino n’a pas quitté le pays comme les autres de son âge. Pour rentrer chez lui, il a pris l’habitude de passer sous la voûte sombre de la maison de Philomène. L’hiver il s’empêtre toujours dans cette neige de tous les diables. Elle est lourde, glaciale et lui grignote son rêve, un peu plus chaque année. Puis elle brûle ses grosses chaussures de cuir. Jacomino s’en moque, il en a une demi-douzaine du même genre, solides, fourrées, larges. Des chaussures d’ours. Elles font « raquettes » sur la neige fraîche. Et puis sur la dure, elles accrochent sans glisser.
L’été tout change. Il boit moins de grappa, sort en chemise sans manche, histoire d’emmagasiner la lumière sur la peau, avant l’hiver long, trop long dans ce pays.
La mère de Jacomino est morte depuis trois ans maintenant. Et lorsqu’on l’a déposée au fond, il n’a pas pu s’empêcher de se laisser glisser doucement vers le bord, avec son chant préparé pour elle, cassé dans la gorge. Monsieur le curé n’a rien dit. Il s’est éloigné avec sa robe qui léchait le sol, ses mots funèbres et tout le monde l’a suivi. Alors, Jacomino a pu pleurer, tout seul, comme un homme qui pleure maman. Et la neige est tombée sur la terre qui s’est mise à geler. Comme il avait un peu froid en rentrant le soir, Jacomo a commencé à boire un peu plus qu’avant.
Maintenant, il se déplace avec une canne et puis se tient un peu voûté, aussi.
Dix ans en arrière, il aurait pu se marier avec la fille de Pier-Luigi, celui de la trattoria d’en bas. Elle le voulait, malgré la grappa l’hiver et la maison à refaire de fond en comble. Mais pendant l’été, un de Sampeyre avait emporté la fille sur une moto, pour la promener, lui faire voir du pays et finalement, on ne les avait plus jamais revus au village. Jacomino avait regretté, bien sûr. Il avait laissé glisser son rêve et commencé à boire trop de grappa, même en été.
Aujourd’hui il n’a plus envie de se marier. Il a raison, c’est trop tard. Il faut dire qu’un samedi soir particulièrement arrosé, il s’était endormi sur le fil sombre de la route, les yeux dans les étoiles de son rêve qui tressautait, dansait au rythme de sa respiration. Et puis la voiture l’avait charrié, trimballé sur quelques mètres avant de s’arrêter.
Maintenant Jacomino souffre un peu moins des jambes mais il ne se déplace plus sans sa canne. Quand il se regarde dans le miroir, il s’étonne encore de trouver ce drôle de visage strié de vie, une belle figure aux yeux trop clairs, comme ceux de sa mère. La mère, c’est du passé. La fille de Pier-Luigi, du rêve foutu. Reste la grappa, vraie de vraie. Réelle au point de lui brûler la gorge, de remplacer le chant cassé, au fond du rêve. L’hiver ici, Jacomino a de plus en plus froid, il faut se réchauffer. Heureusement l’été revient toujours, apportant les autres, ceux d’ailleurs, les Français puis les gens du Sud avec leurs accents qui dansent. Jacomino les écoute, les regarde déambuler et parfois il cherche à leur parler pour de bon, avec plus que des mots, avec des gestes et des rires, enfin… autre chose.
Et puis début septembre il a croisé Régine, une Française qui mangeait des pizzas chez Leo, il se rappelle. Dix ans de ça. C’est long. Elle était gaie, se laissait embrasser par Leo à l’époque, et d’autres hommes la voulaient aussi, bien sûr. Quand il s’est trouvé près d’elle sur la place aux herbes, il a posé sa main sur son épaule : « Bon die, Regina ». Mais il n’a pas compris pourquoi tout à coup en le voyant, elle s’est mise à crier, hurler comme si elle avait vu le diable. Il n’a pas compris et s’est éloigné en hochant la tête. Elle l’a vite rattrapé pourtant, l’a pris par le bras et lui a expliqué : - Pardon Jacomo, je croyais que tu étais mort ! - ... - Oui ... Leo m’a appris que tu avais eu un accident et que ... tu étais mort. Je ne sais pas pourquoi il m’a raconté ça, mais je l’ai cru. Alors tout à l’heure en te voyant, ça m’a fait un choc, comme si je rencontrais un fantôme ... Comme si je délirais, tu comprends? - ... - Non mais maintenant je suis contente de te voir, de savoir que tu es vivant.
Depuis, Jacomino y pense souvent. Dans sa tête il écoute le refrain :« je croyais que tu étais mort ». Et ils ont raison Leo et Régine. Depuis quelques temps, la nuit arrive tôt, de plus en plus. Elle couvre les gens, les murs, le ciel. Rien ne reste. En novembre, on fête les morts et le village est muet. Alors, Jacomino comprend ce que c’est que d’être enterré. Oui. En rentrant chez lui chaque fois, il écoute le bruit de ses grosses chaussures d’ours sur la pierre humide du chemin et ça résonne tellement que seuls les fous pourraient croire qu’un vivant avance à cette allure.
Le lendemain de la fête des morts, il prépare sa valise de cuir noir, abandonne ses chaussures de montagne et descend jusqu’au village pour demander à la postière Emilia de lui prendre une réservation pour le train de Nice, Antibes ... Il sait qu’elle s’occupe de tout pour lui. Il n’a qu’à payer et attendre. De toute façon, quand on est mort, le temps ne compte plus, la roue a tourné.
Maintenant Jacomino descend du train à Antibes, Juan les pins, où sa mère a laissé des souvenirs, un amour, quelque chose qu’il imagine sans trop comprendre. Il traverse les rues, les places en soufflant, soutenu par sa vieille canne. Ensuite il appelle un taxi, demande cette plage, ce bord de mer... Mandelieu.
Sa canne le soutient difficilement pendant qu’il avance sur les galets. Il s’assied, se plie lentement, pas vraiment certain de pouvoir se relever après. Face à la mer qui commence à bourdonner dans ses oreilles, il boit le soir, la lumière en trace d’or sur les galets, et la ligne de mer devant ses yeux. Doucement, Jacomino se laisse glisser sur le côté, la tête dans les galets. Bien sûr il a un peu froid. Il serre son manteau, remonte le col fourré sur son cou. Et puis encore, allongé, il écoute le bleu de l’eau qui glisse sur lui, les pulsations des vagues, le sang dans sa tête. Alors, il commence à murmurer un vieux chant de novembre, dans la langue de sa mère. Et comme quand il était petit, elle vient près de lui et l’aide à retrouver son rêve. Comme un enfant, il serre fort sa main et n’a plus peur de mourir en s’endormant, Jacomino.
Mireille
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Big bullshit
Réunion des Écrivains Anonymes  Le Président de la section E.A du Mans - partout il y en a des écrivains anonymes, ça pullule, ça pustule les chaises quand ils posent un cul, ça cherche à percer, à transpercer, le milieu par la voie lactée, ça s’y croit, ça se croit humble, c’est publié dans d’ignobles revues qui devraient ouvrir aussi des groupes de revues littéraires anonymes (trop fières d’apporter un neutron à la bombe à eau, non), dans des cercles qui tournent au triangle en dansant la ronde, oui ça se reproduit entre-eux, ça dégénère, nous voici avec des mongols de la plume, voilà que viennent les trisomiques du clavier depuis l’arrivée du Web, et ces messieurs-dames ont cru bon se faire un nom.
Sauf ici, ce soir là au Mans, mais cela pourrait être ailleurs, autour de la tablée où plane une certaine lucidité distillée, contrôlée dans le débat qui s’amorce, par le Président donc, qui ouvre la séance. Il a les traits du renoncement cachés sous sa longue barbe grise et le crâne démuni de cheveux – on le devine. Non, il n’est pas chauve, simplement depuis qu’il a arrêté d’écrire, il a voulu ressembler à Barthez, s’éloigner le plus loin possible de l’intellectualisme qui le rongeait, aller plus bas. Le foot et Barthez. Un truc comme un autre, tiré des théories cognitives, il vachement potassé le sujet.
Chut, cela se passe dans son crâne d’œuf, bien sûr, il n’a rien d’un sosie de Barthez et même s’il prononce autant d’inepties que lui quand il parle, il n’a toujours pas réussi à se débarrasser de cette manière pédante de les exprimer. Écoutons-le faire des efforts : - Salut les gars, et les nanas, bien entendu. Si nous sommes réunis en ce soir auguste, putain de merde. C’est pour échanger sur le sujet qui nous rassemble et qui nous pose problème, bordel, putaing cong ! Nous allons faire un tour de table, et, je vais vous demander de vous présenter comme à l’accoutumée, bande de pignoufs de la tribune Boulogne présidentielle, droit au but, n’est-ce pas… Marcel à toi, je vous prie… heu… à toi le clown ! - Bonsoir, je m’appelle Marcel. J’ai publié et je n’en suis pas fier, croyez-moi. Plus, justement, je n’en suis plus fier. Il fût un temps… - Marcel !!! - Oui. Grâce à vous, par la raison du groupe, j’ai pris conscience que je suis impuissant devant l’écriture. Cela m’a pris un temps certain pour recouvrer ma lucidité. Je suis abstinent des mots depuis dix mois… (Applaudissements dans la salle) - Merci. Je n’ignore pas que rien n’est jamais gagné, que je ne suis pas à l’abri d’une rechute. Heureusement pour moi, mon ALICE BOX déconne, je suis moins tenté par le démon. Je travaille le chapître N°5 du Programme E.A : comment mal parler. Je sais que c’est crucial. Je ne sais pas si j’y parviens, je tente tout pour ce faire. - Bordel Marcel, t’y arrives pas, on dirait une tarlouze qui cause ! remarque l’un des membres, ex star locale du cercle littéraire des Rosati qui ne loupait pas un marché de la poésie à Paris, chaque année. Désormais, il va à la capitale pour le salon de l’agriculture, bouffer de la charcutaille. - Je viens de commencer, tu fais chier Robert ! - Bien ! Bravo ! Belle réaction !
(re-applaudissements) - Dis-nous Marcel, comment t’en es arrivé là mon salaud, c’est remarquable… je veux dire : cool, mon pote ! - L’alcool. Je bois comme un trou. Puis le cul, si vous permettez, je baise comme un dingue, des putes, affirmatif. - Petite erreur ton « affirmatif », Gainsbourg, heu Gainsbarre écrivait bien… - J’essaye…hmm hmm... des grognasses de putains, mon vieux ! - Super Marcel ! (Applaudissements nourris) À l’autre bout de la table, un petit brin de femme a les yeux rivés sur une feuille et dans sa main… un stylo ! Le Président qui a des yeux, encore, bien qu’il songe à Gilbert Montagné comme prochain défi transformiste, tape du poing… où ça ? Sur la table, oui. Silence de mouche. Et il gueule à destination de la petite femme à l’air timoré, une aile de papillon : - Giiiiiiiisèèèèèèèle ! - Oui Président... (tout bas) - Tu écris ou je rêve ? - Juste ma déclaration d’impôt… (elle rougit) - Mon cul ouais ! Fais passer. Les autres, lisez. (des haanns de réprobation parcourent l’assemblée jusqu’à ce que l’objet délictueux arrive entre les mains du Président) - Ta déclaration d’impôt, hein ? UN IGNOBLE POÈME, de gonzesse qui plus est... colchique dans les prés ! Ma pauvre Gisèle, regarde bien ce que j’en fais de ta merde ! - Nooon, pitié… Il sort un Zippo Harley-Davidson à l’effigie de Johnny et brûle la feuille, tendue bien haut. L’assemblée se met en branle de hurlements de joie et de « Houuuu Gisèle se prend encore pour un écrivain, salope Gisèle ! ». Sous les pleurnichements contenus de la dite Gisèle. - Marcel et Robert, foutez-moi ça dehors. Tu n’as rien à faire ici ce soir, reviens la semaine prochaine, si tu es prête à aller droit au but. Sur ce la séance est close, je crois que ça nous aura servi de leçon à toutes et tous. La prière, avant… Chaque membre se lève en se tenant la main et récite : « Marc Lévy, aide nous à nous débarrasser du démon de l’écriture, la lecture de ta prose pourrie est salvatrice. Mort à nos références littéraires, des ordures ! » Puis s’en va. Président reste… il n’y tient plus et écrit un sonnet. K.O après. Remords. Pas bien ça et il le sait ! Ce qui ne l’empêchera pas ce soir de le déposer sur le Blog Fricotage, mine de rien, sous pseudo.
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Poème:
Éclosion
Elle marche à reculons vers elle-même Sans oser encore Crever le cocon de la bienséance
Sous les transparences trompeuses Sa vérité blêmit Diamant de porcelaine
Elle connaît la grave somnolence Dans l’antre de la passion Vaurien fier, vaurien fou
Jette ses mots Au-delà des lignes de fuite À ceux qui se calfeutrent nulle part
Sous la vague Elle est déesse immortelle
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Textes courts (Georges Elliautou)
À la recherche de LA Vérité Il aurait donné sa vie, et même son esprit, pour une juste cause. Mais voilà, il avait eu beau chercher LA Vérité, jamais aucune de celles qu’il avait lui-même émises ou qu’on lui avait présentées avec un luxe d’arguments ne l’avait convaincu. Il ne lui restait plus qu’à se consacrer à sa triste personne. Il ouvrit, en un dernier et futile espoir, la missive d’un inconnu :
Cher et Vénéré Maître,
C’est avec une infinie modestie que je me décide enfin de m’adresser à Vous. Votre temps est si précieux et vos pensées si élevées, que je considère non sans appréhension la fragilité de mon entreprise. Cependant il y va de ma raison de soumettre à votre géniale attention le surprenant, l’incroyable, le fabuleux événement que mon état d’homme ordinaire ne pourrait supporter sans le secours de votre superbe génie. Aussi je viens très humblement supplier l’immense esprit que vous êtes de me tirer d’un embarras exceptionnel.
Tout d’abord, permettez-moi, avec le respect dû à votre intelligence hors du commun, de vous exposer les faits dans leur réalité la plus déconcertante. Cet événement, dont j’ai fait mention plus haut, s’est produit il y a de cela quinze jours. Ou, pour être plus exact, quinze nuits. Lors de la pleine lune, à minuit. Il était donc minuit, lorsque durant mon premier sommeil me parvint une voix, que je qualifierais de céleste si j’avais le bonheur d’avoir foi en quelque dieu ; une voix, dis-je, si divine que je me réveillai soudain, charmé par la suave mélodie. Et, mais c’est là l’objet de ma démarche auprès de votre personne si admirable dans sa perspicacité inégalée, et donc, que vis-je ?! Cette voix sublime émanait de la bouche de mon épouse qui, je dois vous l’avouer, ne possède plus depuis de longues années de notre vie commune la fraîcheur et la grâce du temps de sa jeunesse où, devenu fol amoureux d’une telle beauté, j’avais tant bataillé contre les siens pour convoler en justes noces avec celle que je pensais alors aimer pour l’éternité. Eh bien, émanait de cette bouche endormie, à présent rance et édentée (elle retirait bien sûr son appareil dentaire avant que de rejoindre la couche conjugale), un discours amoureux à mon adresse si extravagant, relativement à nos conversations habituelles, que j’en restais paralysé de stupeur. Un froid de marbre rigidifiait mon échine. Mes lèvres entrouvertes semblaient définitivement figées dans le minéral. Mon coeur ne battait pas davantage qu’une pierre. Mon souffle... Bref, j’étais pour ainsi dire statufié.
Comment pouvait-il encore demeurer en cette ruine les ors, les festins, les parfums et les chœurs séraphiques du palais de l’Amour ? Elle ! qui m’oblige à sortir le chien par un temps de même nom, qui m’amène à broyer du noir devant ses bouillies innommables, qui m’astreint à faire la vaisselle sans l’ébrécher, qui m’oblige à me tourner et me retourner sur la couche conjugale au bruit de ses perpétuels ronflements !...
Cher Maître ! pourriez-vous m’éclairer ? Puis-je oser espérer de votre lumineuse intelligence le souffle verbal du OUI ou du NON absolu ? Pensez-vous qu’émanât de son inconscient, dans la nuit et à l’heure susdites, l’expression véritable de la vierge, de la cristalline, de la pure sincérité ? Laquelle s’eût été dissimulée dans l’obscurité la plus totale des profondeurs vertigineuses de son moi, comme pour se garder de la banale et si décevante réalité quotidienne partagée avec un conjoint aimé passionnément à l’aube d’une existence rêvée, mais usé jusqu’au squelette par les aléas, les compromissions et les griefs accumulés au fil des années d’une vie commune ? Autrement dit, Cher et Vénéré Maître, l’Amour, quoiqu’il en soit et quoiqu’on en dise, serait-il la SEULE Vérité – trop souvent enfouie, hélas ! – à laquelle les humains puissent prétendre un jour ?
Espérant, avec une reconnaissance infinie, une réponse que je ne pourrais que tenir pour définitive, et me confondant en excuses pour avoir eu l’outrecuidance d’interrompre ne serait-ce qu’un instant le cours majestueux de vos pensées, je vous conjure de croire, Cher et Vénéré Maître, à mes sentiments ô combien dévoués et respectueux.
Jean SÈRIEN Le cher et vénéré maître soupira. Il en recevait par sacs entiers des lettres de ce tonneau. Il en parcourait parfois quelques-unes dans sa recherche de LA Vérité. Mais celle-ci serait bien la dernière. Il allait essayer de vivre plus simplement désormais. Et pour commencer, il lui fallait prendre femme... Ne serait-ce que pour s’oublier.
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Music ! Màj site Zoreilles dehorS
Petit message d'annonce, le forum des Zoreilles dehorS vient d'ouvrir,vous pouvez le visualiser en allant sur leur site (barre de menu haut) La présentation du groupe est aussi terminée (Tronches du trio - menu droit) Ainsi que le formulaire de contact (Zoreillez-nous ! menu droit) [il déconne je me suis planté dans le script but il est en place] La rubrique Evenementik vient d'être validée, je crois qu'ils vont faire un concert le 30/11 avant ce qui est indiqué sur la page, j'attends des news.
A bientôt pour le plus intéressant : superbes photos de scène et de studio, vidéos et morceaux de musique
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Petit poème au chemain 
En autobus ou à panard Nous convergerons Les pattes en canard Les bleus de nos globules rouges En veine vervitale Avec les pieds à nanar Nous traverserons Le gris de la pluie On en aura vu De toutes les couleurs Nous pinçant l'orteil Nous reprendrons nos pieds A part Par quatre chemins Et puis aussi tous tes riens Laissés au chomage sur le chantier Terrien.
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Intermittents du blog : Sarah Gastard
Poème fragile
 Les ailes
Dans le manque il y a la liberté d'inventer sa vie d'inventer ma vie et la tienne dans le manque il y a la possibilité de vivre par procuration ultime liberté qui porte le désir en elle sexuel dans le manque il y a des montagnes à franchir pour aller derrière derrière là où la réalité survole les paysages qui n'ont pas plus d'importance que le passé parce que nous sommes derrière derrière il y a les peurs combattues et les combats gagnés derrière il y a la jouissance inadmissible parce qu'on a compris on a enfin compris nos ailes et qu'on l'a échappé belle.
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Textes longs
Ping-pong Malgré le froid de canard, Lucien n’eut aucun mal à démarrer sa mobylette ce soir là, vers dix neuf heures pétantes. Juste avant d’filer au ping-pong. Sa 103 SP d’occasion noire, il la lustrait depuis un bon moment, la bichonnait dès qu’il pouvait, dès qu’il avait le temps il mettait ses pognes dans le cambouis. Il avait arraché le droit d’acheter la mob à force de moult persuasion, de difficiles concession, d’entêtement de mule, et il y tenait maintenant comme à la prunelle (c’était aussi le nom du chat à la maison) de ses yeux. Ses parents avaient été durs en affaires… Leurs arguments tenaient surtout en la trouille qu’ils avaient que Lucien ne se plante. De toute manière, ils vivaient constamment avec la pétoche de tout, se disait Lucien en lui-même. Finalement, les parents l’avaient seulement autorisé à… débourser sa propre tune gagnée à la sueur de son front. Ca avait été raide, comme marché. Il avait fallu payer contre un travail de bûcheron qui avait duré tout l’été. Avec le paternel, ils avaient coupé le bois, il y en avait des tas après la formidable tempête qui s’était abattue pendant l’hiver. Une aubaine. Certes, il s’était retrouvé coincé à bosser comme une boeuf pendant que les autres filaient folâtrer, garçons et filles, mais enfin ! Il l’avait, au moins, sa fichue mob. Et rien qu’à lui ! Cette mobylette, il l’avait méritée, malgré la mauvaise volonté manifeste d’à peu près tout le monde. C’est la mother qui avait craqué, un matin, alors que Lucien reprenait la bataille en plein milieu du repas : « ‘tain, merde ! Pourquoi j’ai pas le droit d’en avoir une, moi aussi. Ils en ont tous dans le bled ! Et moi je reste comme un couillon alors qu’on habite à des kilomètres du bourg ! C’est vraiment dingue, ça ! Et puis je ne peux même pas voir mes potes, à cause de ça ! J’ai l’air d’un plouc. » Son père n’avait pas réagi au quart de tour, soupe au lait comme à son habitude. Il attendait toujours, en silence, comme si le vent allait tomber d’un coup, et que tout allait se dérouler calmement, rentrer dans l’ordre. Ca ne se passait jamais comme ça, évidemment. Quant à Lucien, ce genre d’attitude passive le foutait en pétard : « ‘tain, mais merde, vous faites chier, quoi ! ‘tain, je comprends pas pourquoi tout le monde en a le droit et pas moi. Même le fils des Bouic il en a une ! Merde ! » Pourtant, Loic Bouic, c’était un fichu crétin. Ses parents étaient profs au collège. « On peux manger calmement, ici, non ? » Avait rétorqué le père. (...)
Pour lire le texte en entier, un clic sur l'icone, six pages attendent !
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Écris-moi une photo #2
Je n’irai pas par quatre… On me dit : « Tu coupes trop les cheveux en quatre ! Fais-toi une belle mèche à droite, de préférence puis avance et tais-toi ! » Je voudrais vous y voir, vous… Je me fais tellement de cheveux, je me rase tellement dans la vie… que tout ce que je rase la veille repousse en une seule nuit. Image à l’appui. Image avant / après ou après / avant, c’est pareil. En une heure, je ressemble déjà à tout à l’heure. Je trinque, je trinque dans la vie, alors canard, autant trinquer jusqu’au bout de la canette. A la despé, rance succès de l’abondance de ce que je coupe en quatre, tous les jours. Mes cheveux trempent le soir invariablement dans la soupe du quotidien. Quoi que je fasse ou ne fasse pas. Ils me tombent sur, et me mènent par le bout du nez, m’empêchent de voir clair, donc je tonds, mon tonton ! Et alors, ça vous défrise ? Vous raserais-je ? Ou y voyez-vous un poil plus clair, à présent ? Allez… En portant haut le verbe et la Despé, je vous souhaite le jour beau. Poil au sabot.
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Big bullshit
Écolo par râteau
J’ai attaqué fort. Le verre d’eau qui allait avec le café était infâme, plein de chlore… la tête me tournait. J’ai la santé précaire, un rien me déstabilise l’organisme. Fort très fort, depuis quinze jours que je tournais mes mots pour l’attaque, voilà, je me suis décidé : « Vous roulez ? ». PAF ! Une grosse claque dans la gueule en retour. Merde alors, je lui demandais simplement si elle roulait ses cigarettes. Les filles d’aujourd’hui ont de ces idées en tête… elle devait penser à rouler un patin ; rouler ma bite entre ses mains. Jamais j'aurais imaginé ça, dur Jésus ! Je le jure et le hurle, votre Procureur... Et puis le chlore… j'enverrai une lettre pas niquée des canetons au maire. En lui racontant toute l’histoire ! Inadmissible ! Si mon expérience peut servir à améliorer la qualité de l’eau urbaine, tout n’aura pas été perdu. J'ai mal - à la joue, elle avait la main vive, Caro*... * oui c'est bien le commissaire div. Caro
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Ecrits courts
Un singe en hiver 
Vous connaissez des singes, vous ? Au moins un. Deux. Vous ne connaissez pas les singes, vous ? Vous savez à peine votre chat, chien, mari, femme, amis ? Vous savez l’hiver, oui ? Saison froide et neigeuse. Mais... connaissez vous l’Hiver ? Le vrai. Tirant corps et âme vers l’abîme ? Vous auriez de la chance de ne pas le connaître. De ne connaître, d’ailleurs, ni les singes, ni leurs hivers, et de n’avoir pour infini que le toit qui vous abrite, les proches qui vous accrochent encore à un sourire souvent... les liens, vous savez. Le singe en hiver est méconnaissable. Le temps d’un baroud d’honneur pour un ouistiti, il réalise son rêve d’encre à fleuve de Chine. Un idiot du cinéma a cru bon d’intituler son médiocre métrage « Cœur en hiver ». Le singe n’a plus de cœur depuis longtemp ! Un hôtel, des us et des coutumes, une batterie de casseroles que les années n’emportent pas – non, le temps n’est pas le vent, la mémoire des gens est immuable, mon capitaine. Il attend patiemment le moindre prétexte, et plutôt le bon, tant qu’à faire autant le faire bien, pour fêter son suicide.
Quelques jours lui suffisent après vingt ans calmes, sommaires, quelques jours – LA GNOLE – pour prendre le dernier train. L’hiver. Et ne plus revenir parmi nous, parmi vous. Son hôtel et sa femme entre ses décombres.
Un groupe Rock pour adolescents appelait ça La bombe humaine. Le vieux singe en hiver est un adolescent à retardement - LA GNOLE.
Le train part.Effacez tout.
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Revue L'Enfance
Revue l'Enfance n° 4 - Novembre 2006 
Le numéro 4 de la revue "L'Enfance" sort bientôt. Je voulais vous en dire quelques mots: c'est une revue que j'ai "reprise" depuis un an, créée par mon ami et voisin Ivar Ch'Vavar.
Ce n'est pas une revue de poèmes de souvenirs d'enfance (bien qu'il puisse y en avoir). Plutôt une poésie qui cherche à retrouver dans l'écriture ce qu'est l'enfance:
d'abord le regard particulier, "voyant", des enfants. Et aussi la liberté créative, le jeu, la magie, l'intensité émotionnelle. Mais aussi la folie, le primitif en soi. Bref, c'est large. J'ai pas mal ramé cette année parce qu'on peut difficilement imaginer plus inexpérimentée que moi, mais avec de l'aide, on y arrive. Je n'ai pas encore décidé si je poursuivrai l'année prochaine. Je me donne deux mois. En attendant, si vous voulez m'accompagner dans cette réflexion, et éventuellement m'envoyer des textes, ce sera avec plaisir... mais sans garantie aucune.
J'ai un site, et sur ce site une rubrique dont voici le lien:
Claire C. J'ai envie d'y mettre aussi des idées qui me viennent au fur et à mesure sur cette histoire poésie/enfance: ses ramifications. Si des idées vous viennent, vous pouvez m'envoyer des petits textes que j'y insérerais. Et tout ça pourrait se retrouver sur le blog également. Voilà, un peu en désordre, donc... L'abonnement est à 10 euros pour deux numéros plus un (ou deux) suppléments consacrés à un seul auteur (cette année c'est deux), mais on peut aussi avoir un numéro et un supplément pour 5 euros. Le supplément du numéro 4 est consacré à Pascal Leray : « Carnet aphasique »
Sommaire du numéro 4 :
− p.1 : Explication de la lumière / Laurent Albarracin
− p.5 : Quelques lumières éteintes dans l’avant-nuit / ariane
− p.7 : Ayant touché.... / Jean Louis Rambour
− p.10 : Orion et bételgeuse / Michel Gerbal
− p.16 : Souvenirs d’enfance / Jean PierreClémençon
− p.17 : Le pont de la Caille / Jean Paul Gavard Perret
− p.19 : Carnets d’une autre enfance / zero
− p.22 : Jeudis / Ivar Ch’Vavar
− p.24 : Carré 51 / Jean René Lassale − p.25 : Lumières / Claire Ceira − p.29 : Comme les bleus de Cézanne / Christian-Edziré Desquesnes − p.32 : Cinétique / Delphine Gest − p.34 : Épopée provisoire / Pascal Lenoir − p.37 : Le baiser / Jean Baptiste Labrune − p.41 : La peinture oui bien sûr... / Gilles Toog − p.44: : Rien.... / Florian Tomasini − p.46 : Tout le monde s’en fout, je sais / Ludo − p.51 : Issu ici / David Gallon − p.56 : Tot sol : Angel Castanyer y Fons ( traduction de David Gallon) La photographie de la page 50 est de Ludo
Les illustrations sont tirées d’un article de la revue :
« La science et la vie » de juillet 1919 : « la lumière vivante » et de dessins d’enfants. Le supplément: « Carnet aphasique » de Pascal Leray. Claire.
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Rubrique Georges (nouvelle)
Un petit problème pour l'humanité
Il devenait de plus en plus aléatoire de faire l’amour. Et ceci pour deux motifs. Le premier était dû aux progrès fulgurants de la technologie du bâtiment. On parvenait à construire aujourd’hui des tours de plusieurs centaines de mètres d’élévation avec des structures en alliage composite d’une légèreté invraisemblable et d’une gracilité sans pareille. Il suffisait pour ce faire d’un voile rigide en fibre de carbone enrobant un isolant thermique de très haute performance comme parois. Si bien qu’un ensemble de mille appartements tout confort avait une masse comparable à une seule maison individuelle de jadis. Malheureusement, résidait en cette prouesse architectonique un point faible : la propagation des sons. Ce qui avait pour déplorable conséquence la renonciation à l’acte conjugal : on se retenait tant que l’on ne pouvait plus. Vous me direz qu’avec la libération des mœurs... Eh bien, détrompez-vous. Et c’est là où se nichait le deuxième motif. Cette libération des mœurs, justement, avait entraîné une réaction brutale. Une myriade d’associations et autres ligues de vertu étaient écloses, avaient proliféré à la vitesse de l’archange chutant du firmament, réduisant les multitudes à un comportement dévot. On ne devait copuler que dans un silence religieux, entre époux exclusivement, et dans le seul but de procréer. Objectif honorable, certes, mais délicat à mettre en œuvre sur un point : le premier, vu la carence évoquée plus haut, concernant l’isolation phonique de l’habitat nouveau pour ainsi dire inexistante. Aussi les naissances chutèrent-elles à la vitesse d’un deuxième archange, émule du premier (voir ci-dessus). On courait au dépeuplement de la planète. Les gouvernements, puis les instances internationales s’émurent. On mit en place des commissions, on multiplia les experts à tous les niveaux, on réunit des assemblées tumultueuses, on fit de longs discours. Mais cela ne résolvait évidemment pas le problème. Il fallait agir, et vite ! la population mondiale s’amenuisant de jour en jour. Ce fut une vierge qui sauva l’humanité. Une nouvelle Jeanne la Pucelle. Elle proposa aux sommités mondiales réunies en Assemblée Extraordinaire, un modèle de scaphandre-à-faire-l’amour parfaitement insonorisé, avec des sas libérant le passage aux endroits stratégiques de la morphologie tant féminine que masculine; précisant, en outre, que l’acte conjugal devrait être accompli sur un lit de béton que l’on adjoindrait systématiquement à l’acquisition d’un couple de scaphandres afin d’éviter les grincements des sommiers traditionnels. Une des sommités lui fit alors remarquer que les bouteilles d’air comprimé pourraient nuire au confort et surtout à l’efficacité de l’acte procréateur. Elle rétorqua, sans se démonter, que ce paramètre avait été pris en compte ; que le mode d’emploi préconisait la position arrière, latérale et en croix, dite cruciforme. Pour enfoncer le clou, elle proposa de faire une démonstration devant la docte assemblée qui devrait désigner un volontaire. Mais là, elle avait poussé le bouchon un peu loin. Ce pourquoi, du reste, personne ne suggéra de l’immortaliser dans des statues. Et c’est ainsi que chez les humains la vie reprit son cours.
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Music! : Lahoussine Benlami (Saint Quentin en Yvelines
Lahoussine dit Lahou revient souvent dans mes textes depuis le recueil L'impasse aux visages jusqu'à ces dernières semaines où j'ai écrit deux textes dont il était protagoniste. Ai-je dit qu'il était musicien et chanteur, je ne sais pas, juste qu'il était marocain je crois. Un peu de raï ? Histoire de mettre un talent sur des mots. J'ai jeté mon âme dans le vide (2003) (chanson qui parle de la disparition de ses parents dans un accident de voiture et de la dépression qui le poursuit depuis.)
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Music! : refonte du site des ZoreilleS DehorS
Juste un petite news pour que vous voyez à quoi ressemblera le nouveau site de mes amis du groupe des Zoreilles Dehors. J'ai réalisé la page d'accueil qui servira de page modèle à leur site (il y aura photo, musique et vidéo) : http://zoreillesdehors.com ps. je vous rappelle que leur site est hébergé sur fricotage.net qui contient nos photos et documents et bientôt le site qui remplacera ce blog car petit à petit j'y arrrive. Ils participent donc pour moitié aux frais d'hébergement qui ne sont pas rien. Merci à eux heu heu !
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Rubrique Kelig
Si, simplement
Il est possible de crever les baudruches Les ronds de jambe, l'ennui On prend l'aiguille roze Une qui tricote les mots D'habitude entre les doigts On la met au milieu de l’abcès Le pus hideux finit au caniveau La voie est libre, la rue est à nous ! Il est possible de percer le mystère Apparent qui entoure la planète Illusion d’exister sans vraiment vivre Partie fosse, cocon coconne On accorde nos guitare au d'là de la ville On lance la zizique par la fenêtre Au sol majeur, elle s'envole en zig-zag ! Au fond du nombril du monde La méchanceté fondue Caramélise Les glaciers sorbètent au pôle nord Et la neige devant nos portes en hiver Tombe tel un manteau de laine En coton moutonne Un rire d’enfant jaillit D'un rond de soleil Au milieu d'un nuage En sol famille rédo Le crève-cœur crevé Le crève-la-faim s'est invité Brisant un écran de verre Près de la cheminée L’ulcère s'est évaporé Avec le bois d'hivers Nos cœurs gonflés Ont libéré les rires D'essences vitales Au lieu de se fendre Entre larmes et soupirs On a senti palpiter L'envie d'embrasser A se réchauffer Contre corps encore Dès lors On a le temps pour nous deux Côte à côte ma chérie A nous caresser nous goûter D'avantage mieux en retour des baisers L’été en poche vient bon et chaud Avec ses promesses tenues proches Les brins de blé dans les champs Ressemblent à des tournesols coclicots On s'y ballade par sentiers On s'y baigne à la rivière des ressources Naturels Dans un petit coin de la vie S'allume un feu Comme un clignotant Une drôle de brindille flotte à la bouche On s'installe autour Un peu peaux-rouges On a l'air éveil ensemble Les yeux pétillants Tout plein de plijadur Simplement, c'est à peine croyable.
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Rubrique no bodi
Un long fleuve tranquille
Tandis que le fleuve roulait ses ordres moraux, détachant des rives instables ses derniers lambeaux de dissidence, un vent libéral avait pris en force. Des rafales teigneuses arrachaient au libre arbitre leurs derniers remparts, pour les disperser à travers les champs d'honneur. Au milieu des eaux brunes se noyaient les derniers esprits éclairés. Leurs poumons s'emplissaient de la pensée unique à laquelle ils ne pourraient survivre. Une lune blafarde crevait avec peine un ciel qui s'embrunissait peu à peu, jusqu'à se fondre avec les eaux fangeuses du fleuve. Sur la rive, quelques poètes luttaient encore contre le déracinement. Ils se risquaient malgré le vent à graver sur l'écorce des arbres à palabre encore debout, le mot "LIBERTE". Mais la pointe émoussée de leur plume refusaient toute incrustation. Le vent passa son dernier coup d'éponge et la Terre devint propre. En contrebas, l'argent sale honora la fondation d'un village aux maisons toutes blanches et identiques.
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Nouvelle inédite E. Dejaeger
La nouvelle idylle de Nelly

De jolis fruits rouges sur le sol
Quelques fillettes en larmes L’exciseur range ses outils Théophile de Giraud (Cent haïkus nécromantiques, Éditions Galopin)
Sans le faire exprès, elle bouscule un Japonais occupé à immortaliser une immortelle façade reconstruite après la seconde guerre mondiale. L’originaire du côté du soleil levant pousse un cri de bonze en rut et lâche ce qui doit être une bordée d’injures nipponnes. Nelly ne s’arrête même pas. Elle désigne le ciel de deux majeurs impeccablement tendus et crie, en tournant la tête en direction du rageur numérisé : « Delete and click again, Ducitron ! » Le t-shirt bien court pour laisser voir le piercing ombilical, ses foulards noués au cou et aux bras voletant gaiement dans la brise légère, elle poursuit son avance zigzagante vers le coin de la Grand-place où l’attend Bénédict Vassien, dit Béné et surdit Biroquois.
Si Nelly est une jeune et fière hyppie new look de dix-sept ans, Biroquois est un post-néo-punk de deux ans son aîné dont l’attifement – il s’agit bien de ses cheveux – attire les fenêtres des capteurs à souvenirs digitaux autant, si pas plus, que la virgule du marmouset qui ne s’arrête jamais de pisser derrière ses barreaux. Nelly a rencontré Biroquois il y a quelques semaines dans une box branchée très haute tension. Ils sont ensemble depuis trente-trois jours, onze heures et – elle consulte sa montre – dix-sept minutes. Elle presse un peu le pas en arrivant en vue du gisant de ’t Serclaes. Elle focalise sur le sommet des crânes. Pas de Biroquois en vue : aucun chef orné de deux crêtes ne dépasse des coiffures à la pépé visibles près du gisant soi-disant porte-bonheur, au bras devenu anorexique à force de caresses perpétrées par des gens qui ne risquent qu’une chose, être sélectionnés pour la nouvelle émission de télé-réalité « L’H.L.M. des Crétins ». Elle consulte à nouveau sa montre. Même pas vingt minutes de retard. N’aurait-il pas eu la patience ?
« Salut, ma loupe ! » Elle se retourne. « Biroquois ? — Ben oui ! — Wow ! Je t’aurais pas r’connu ! — Qu’est-ce tu penses de ce look ? »
La coiffure de Biroquois tel qu’elle le connaît, c’est une crête de coq verte qui part du front et se termine à l’occiput, perpendiculairement coupée par une seconde crête rose qui relie ses pavillons d’oreilles. L’effet est vraiment remarquable. Là, il ressemble à l’ado-tout-le-bas-monde : un training et une casquette de cette marque dont la vulgarité provoque des nausées chez Nelly.
« C’est quoi, ça ? demande-t-elle. Je peux gerber sur tes as-godes ? — Héhéhé... Grave, hein ! Je t’invite à une petite fête costumée chez des potes. Comment trouves-tu mon déguisement ? — Ben, franchement, si tu changes ta voix, personne te reconnaîtra. Mais moi ? T’aurais pu me prévenir ! — Tracasse-toi pas ! On va passer chez des amis pour arranger ça. Tu me files tout de même un zibou ? »
Nelly hésite. Embrasser un gars avec une dégaine pareille, la honte totale. Elle jette un coup d’œil autour d’elle, pour s’assurer que personne ne la connaît. Elle se hausse sur les pointes de ses Converses à 119 euros et 95 centimes et dépose un baiser furtif sur les lèvres de son petit ami relooké pour la circonstance par la maison Ronnie. Biroquois lui prend la main et l’entraîne dans la courte rue Buls puis dans la rue de l’Étuve. Passé le petit pisseur, la foule se clairsème et ils peuvent avancer de front. Le jeune homme passe son bras autour de la taille de Nelly. (...)
Pour la suite de cette longue nouvelle, afin de ne pas encombrer le blog (on a déjà les bull shitt pour ça), meilleure lecture et mise en page, Éric vous propose de télécharger sa nouvelle en PDF, il suffit de cliquer sur l'icône.
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