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Ping-pong Malgré le froid de canard, Lucien n’eut aucun mal à démarrer sa mobylette ce soir là, vers dix neuf heures pétantes. Juste avant d’filer au ping-pong. Sa 103 SP d’occasion noire, il la lustrait depuis un bon moment, la bichonnait dès qu’il pouvait, dès qu’il avait le temps il mettait ses pognes dans le cambouis. Il avait arraché le droit d’acheter la mob à force de moult persuasion, de difficiles concession, d’entêtement de mule, et il y tenait maintenant comme à la prunelle (c’était aussi le nom du chat à la maison) de ses yeux. Ses parents avaient été durs en affaires… Leurs arguments tenaient surtout en la trouille qu’ils avaient que Lucien ne se plante. De toute manière, ils vivaient constamment avec la pétoche de tout, se disait Lucien en lui-même. Finalement, les parents l’avaient seulement autorisé à… débourser sa propre tune gagnée à la sueur de son front. Ca avait été raide, comme marché. Il avait fallu payer contre un travail de bûcheron qui avait duré tout l’été. Avec le paternel, ils avaient coupé le bois, il y en avait des tas après la formidable tempête qui s’était abattue pendant l’hiver. Une aubaine. Certes, il s’était retrouvé coincé à bosser comme une boeuf pendant que les autres filaient folâtrer, garçons et filles, mais enfin ! Il l’avait, au moins, sa fichue mob. Et rien qu’à lui ! Cette mobylette, il l’avait méritée, malgré la mauvaise volonté manifeste d’à peu près tout le monde. Pourtant, Loic Bouic, c’était un fichu crétin. Ses parents étaient profs au collège. « On peux manger calmement, ici, non ? » Avait rétorqué le père. (...) Pour lire le texte en entier, un clic sur l'icone, Hébergé par 20six.fr |
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